Tournoi des 6 Nations 2015 : Forces en présence [IRLANDE]

La grand messe du rugby européen approche à grand pas, l’occasion rêvée de faire un point sur les forces en présence. Aujourd’hui nous nous intéressons au tenant du titre et favori de l’édition 2015, l’Irlande.

L’année de la confirmation ?

Eternels outsiders dans le Tournoi, les irlandais ont clairement franchi un pallier depuis l’arrivée de Joe Schmidt aux commandes de la sélection. 2014 aura été une année faste pour les hommes en vert avec une victoire au forceps dans le Tournoi 2014, une série de test remportée en terre argentine et surtout 3 victoires probantes lors des tests de Novembre dont 2 face aux nations du sud (Australie et Afrique du Sud). Si Schmidt la joue profil bas, les irlandais ne peuvent plus se cacher derrière leur génération en or qui ne gagne (presque) rien.

L’ombre d’O’Driscoll

BOD a fait ses adieux à la sélection et même si aucun candidat ne semble avoir clairement pris la relève, il n’empêche que les irlandais gagnent, qu’importe l’identité de leur second centre. Cave, Payne, Henshaw et Mc Fadden se sont succédés sous la tunique verte avec à chaque fois une victoire au bout. A la sortie des tests d’Automne, Rob Henshaw semblait être le pendant idéal à D’Arcy qu’il remplaça même en 12 face à l’Australie avec succès, mais le centre du Connacht est en délicatesse avec sa hanche. Schmidt pourrait alors être tenté d’aligner une paire D’Arcy / Payne, qu’il n’a toujours pas eu l’occasion d’associer la faute à des blessures successives

Henshaw l'héritier... blessé

Henshaw l’héritier… blessé

A l’ouverture c’est l’hécatombe avec Sexton et Jackson out pour le 1er match à Rome, ce sont donc logiquement les ouvreurs du Leinster (Madigan) et du Munster (Keatley) qui vont se disputer le poste de demi d’ouverture. Avantage au premier nommé qui sort d’une phase de poule convaincante (Meilleur réalisateur) et qui disputera les 1/4 de finale de Champions Cup avec le Leinster. Keatley sans démériter a montré moins de maitrise au poste que son concurrent. Avantage Madigan donc.

La chance de Marmion ?

Le poste de demi de mêlée n’est pas épargné non plus avec les blessures de Conor Murray et Eoin Reddan les 2 tauliers au poste. Si l’encadrement irlandais se veut optimiste quant au rétablissement de ses deux joueurs, il se murmure que le jeune Marmion pourrait avoir sa chance au cas où Reddan et Murray seraient trop justes pour affronter les italiens. Le jeune demi de mêlée du Connacht ne manque pas de talent et ses courses électriques, qui ne sont pas sans rappeler celles du gallois Dwyaine Peel, sont autant de promesses pour Joe Schmidt. Couplé à l’expérimenté Isaac Boss qui ne devrait pas jouer les premiers rôles, ils forment un duo complémentaire en cas de défection de Murray et Reddan.

Les flèches du triangle arrière

Sur le triangle arrière peu de surprise et des hommes en forme. Malgré l’élimination du Munster en phase de poule de Champions Cup, Simon Zebo a éclaboussé la dernière rencontre de toute sa classe et a montré qu’il possédait une pointe de vitesse qui a peu d’équivalence en Europe. Sur l’autre aile, l’expérimenté Tommy Bowe a également de belles qualités à faire valoir, avec une dimension athlétique supérieure. Si vous complétez avec l’inamovible Rob Kearney à l’arrière vous obtenez un des triangles arrières les plus performants du moment. Kearney, c’est l’assurance tout risque sous les ballons hauts, surement le meilleur spécialiste du poste dans le monde. Bref, il y a du beau monde, et même si Trimble, Gilroy et Dave Kearney tenteront de bouleverser la hiérarchie, il ne devrait pas y avoir de grosses surprises sur ces postes.

Un pack en convalescence

Devant, quelques blessés et des nouveautés. Tuohy, Varley et Henry sont d’ores et déjà forfaits. Heaslip, O’Brien et Healy sont en convalescence et espèrent être de retour pour l’Italie. Schmidt pourra quand même compter sur ses leaders O’Connell / O’Mahony pour emmener le pack des irlandais composé de bons soldats (McGrath, Cronin, Toner, Best…). Côté nouveauté, Jack Conan du Leinster (N°8) et le pilier néo-zélandais d’origine Nathan White sont dans la liste élargie. Si le premier devrait démarrer avec les Wolfhounds, White quant à lui est là pour pallier le forfait probable de Mike Ross. Le pilier de 33 ans passé par le Super Rugby deviendrait alors le 4ème joueur le plus âgé à revêtir le maillot vert pour la première fois. Le garçon a de l’expérience, mais le sang chaud comme on peut voir dans les vidéos ci-dessous.

Pourquoi y croire ?

Les irlandais ont engrangé beaucoup de confiance en 2014 et ont clairement franchi un pallier. Ils ont une identité de jeu bien définie et une défense bien organisée. Sous la houlette de Sexton et de son triangle arrière de haute qualité, l’animation offensive est également un des atouts des irlandais. Zebo, Madigan et O’Mahony sont dans la forme de leurs vies.

Pourquoi cela ne va pas le faire ?

Le groupe irlandais est décimé par les blessures, et bon nombre de ses joueurs clés (Sexton, Murray, Healy, Heaslip, O’Brien) sont en phase de reprise ou de convalescence. Schmidt tâtonne encore au niveau de sa paire de centre et va devoir trancher dans l’optique de la Coupe du Monde, en composant avec la blessure d’Henshaw, favori à la succession de BOD. Sans Healy et Ross, la mêlée irlandaise ne présente pas beaucoup de garanties.

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Tournoi des 6 nations J3 : La grande séance

4 équipes sont encore en course pour la victoire finale, voilà le principal enseignement de la 3ème journée de cette édition 2014 du Tournoi des 6 nations. Français et irlandais derniers candidats à un potentiel Grand Chelem ont chuté à Cardiff et à Londres devant des Gallois et des Anglais impériaux devant leur public. Et si les irlandais peuvent avoir des regrets d’avoir laisser filer une victoire à leur portée, les français eux, ont rapidement compris qu’ils ne ramèneraient rien de leur déplacement au Millenium tellement leur prestation fut insipide et vide de sens. Enfin, dans le « match de la peur » les écossais s’épargnent la cuillère de bois en sécurisant une victoire en terre transalpine grâce à un drop de 40M de leur ouvreur Duncan Weir.

Pays de Galles / France : Peur sur la ville.

Que dire qui n’a pas déjà été dit sur ce match qui a cristallisé toutes les carences du moment du XV tricolore ? Rappelons simplement les faits, après 2 victoires au forceps face à des anglais dominateurs puis à des italiens limités, les bleus se présentaient en terre galloise remplis d’ambitions. Après un Tournoi 2013 humiliant et 2 tournées (été et automne) guère convaincantes, on pensait avoir retrouvé une équipe de France compétitive, structurée et avec quelques certitudes sur son jeu et ses hommes. Que nenni, 11-0 au bout de 10 minutes de jeu, 20-6 à la mi-temps, vous connaissez la suite. Manque de maitrise criant, aucun lancement de jeu propre, une fébrilité de tous les instants incarnée par une rampe de lancement 8-9-10 plus que bancale…

Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?

Tous les voyants sont passés au rouge durant le match et on a eu la désagréable sensation qu’il n’y avait plus de pilote dans l’avion pour tenter d’éviter le crash. Captain Papé a semblé systématiquement pris dans des chamailleries trop grosses pour être vraies, et n’a jamais eu le leadership nécessaire pour recadrer ses troupes ou insuffler un nouveau plan de jeu. Dur. Quand au chef de gare PSA, il n’a jamais su aiguiller ses wagons dans la bonne direction, préférant laisser la locomotive sans bois Bastareaud piétiner alors que le TGV Fickou piaffait d’impatience de se montrer et d’apporter un peu de folie et de vitesse à cette équipe de France qui en était clairement dénuée. Bref, les carottes étaient bien trop cuites pour espérer en tirer un quelconque ragoût de consolation. Les gallois eux, ont su se montrer enthousiastes et opportunistes et face à ce XV de France là cela s’est avérait largement suffisant. Il ne faut pas dévaluer les gros match de Roberts, Warburton ou encore Adam jones qui a su pousser la mêlée bleue à la faute. Gatland quant à lui a encore prouvé qu’il gérait son groupe de main de maître et qu’il savait faire rebondir ses garçons après l’échec de Dublin. Les diables rouges sont encore en course pour tenter de conserver leur titre, et une grosse épreuve les attend le dimanche 9 mars face à des anglais revigorés par leur victoire face aux irlandais. Les français eux, doivent se rassurer face aux écossais avant de s’offrir peut être un final à St Denis face aux irlandais lors de la dernière journée…

Bastareaud englué dans la défense galloise

Bastareaud englué dans la défense galloise

Italie / Ecosse : Les caves se rebiffent

Difficile de suivre ce match alors que se joue en même temps une des affiches les plus alléchantes du Top 14 entre l’ogre clermontois et l’ambitieuse équipe de Montpellier. Mais grâce à des miracles de technologie, ce fut chose faite, et ce match entre les 2 éternels candidats à la cuillère de bois s’est avéré des plus intéressants. Ce fut une vraie course poursuite où les 2 camps se rendirent coups pour coups. Les italiens semblaient avoir une légère supériorité sur les phases statiques, mais se montrèrent beaucoup trop fébriles au centre du terrain pour espérer l’emporter. Par 2 fois le puissant Dunbar s’en ira inscrire de précieux points, bien aidé par la botte du lutin Duncan Weir qui eut le sang suffisamment froid pour claquer le drop de la gagne de près de 40m. En face on aura pu noter la bonne prestation du prometteur Tommaso Allan qui aura défrayé la chronique avec ses origines écossaises et son choix cornélien pour la Squadra Azzura. Le 2ème ligne du BO Furno a aussi montré de belles dispositions dans le jeu courant et un vrai sens du combat, pas sur qu’il reste sur la côte basque en cas de descente. Les écossais eux ont su croire en leur bonne étoile et auront proposé un jeu léché et aéré, et pour une fois efficace. Avec l’arrivée de Vern Cotter, nul doute que le pragmatisme sera au programme de jeu.

Dunbar file en terre promise !

Dunbar file en terre promise !

Angleterre / Irlande : Over the top

Après la chute du XV de France vendredi soir, tous les regards se portaient sur les hommes de Joe Schmidt, dernière équipe à pouvoir encore espérer rajouter un Grand Chelem à son palmarès. Les 2 premiers matchs avaient confirmé les promesses entrevues lors de la tournée de Novembre où les irlandais avaient failli créer la surprise de l’année en accrochant les All Blacks jusqu’à la dernière minute. Et le contenu de ce match n’allait faire que confirmer la tendance. Pas de round d’observation entre les 2 équipes qui se livrent à corp perdu dans une féroce bataille. D’un côté le jeu de ligne ultra fluide made in Leinster, et de l’autre le rideau de fer concocté par Lancaster plus quelques fulgurances de la triplette des Quins Robshaw, Brown et Care. Pour toutes celles et ceux qui ont eu l’occasion de voir ce match, ce fut un véritable régal des yeux tellement les 30 acteurs produisirent un rugby d’une rare qualité, alternant les temps de jeu et les occasions comme une folle valse offensive.

La folle valse offensive

Les 2 équipes ont clairement un plan et une identité de jeu bien affirmée, et chose encore plus importante ils ont surtout les joueurs capables d’appliquer ces schémas de jeu en se les appropriant tout en y intégrant leurs qualités personnelles. Si les irlandais ont posé leur empreinte tactique et technique sur cette rencontre – comment ne pas s’extasier devant chaque ballon joué par Brian O’Driscoll ?! – les anglais ont encore prouvé qu’en l’absence de Tuilagi ils possédaient une densité physique rare avec Burrell, Twelvetrees, Vunipola et Morgan. Ces derniers ont pesé sur le rideau défensif irlandais et leur a permis de s’extirper de la tenaille des Munstermen O’Connell et O’Mahony. Ce sont même les anglais qui ont pris les irlandais à leur propre jeu en se permettant le luxe de s’imposer dans le combat au sol, notamment grâce à un Joe Launchbury exceptionnel d’abnégation et de justesse technique sur le jeu au sol. Comment ne pas évoquer également le match de Mike Brown, toujours bien placé, capable de réflexes incroyables (CF son arrêt du jeu de au pied de Kearney en pleine course) et surtout doté d’une vista et d’une paire de cannes des plus véloces, il a tenu la baraque derrière et a su saisir les opportunités qui se sont présentées.

Mike Brown décisif

Mike Brown décisif

Ses 2 compères May et dans une moindre mesure Nowell se sont proposés aux 4 coins du terrain et ont fait preuve d’une belle activité à défaut d’efficacité. Care et Murray se sont livrées un joli match dans le match qu’a finalement remporté Care grâce à ce petit grain de folie qui le caractérise, quel sacré joueur !

La joie de Dany Care

La joie de Dany Care

On en arriverait presque à ne pas regretter Ben Youngs. Enfin, dans ce match de titans, comment ne pas évoquer la 139ème sélection de Brian O’Driscoll encore étincelant ce week end ? Intraitable défensivement, tranchant dans chacune de ses interventions, il possède aussi cette capacité de faire le geste juste au bon moment et ainsi bonifier les ballons et faire briller ses co équipiers. N’importe quel joueur rêverait de disputer une partie aux côtés de BOD tellement il semble maitriser son sujet. Hélas, les anglais avaient décidé de ne rien lâcher et dans cette partie des plus serrée, la rigueur défensive des anglais a fait la différence.

Tout est donc ouvert dans ce Tournoi des 6 nations et il y a fort à parier que les anglais seront encore de redoutables candidats au titre final avec une réception bouillante face au Pays de Galles et un déplacement final en Italie.

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Le crunch nouveau est arrivé !

Demain, français et anglais croiseront le fer en ouverture d’un Tournoi des 6 nations qui s’annonce indécis et disputé comme jamais. Si la rivalité franco-anglaise est séculaire, cet épisode est surtout marqué par le renouvellement massif des effectifs franco-anglais. L’occasion de faire un état des lieux des forces en présence et de se livrer au  jeu des prédictions.

Les absents

Si ce choc dégage une telle impression de renouveau, c’est principalement en raison de nombreuses absences de part et d’autre, absences favorisant le lancement de nouveaux talents. Côté anglais, on  dénombre pas moins de 8 absents dont 5 titulaires en puissance. Comment ne pas évoquer Manu Tuilagi ? Ce dernier s’est imposé au centre de l’attaque anglaise au point d’en être devenu le leader incontesté. Sa puissance physique et son emprise mentale sur ses adversaires sont deux éléments qui seront impossibles à remplacer pour Lancaster. Et même si Twelvetrees semble en grande forme ces derniers temps, celui-ci n’a toujours pas convaincu de manière ferme et définitive outre-manche sous le maillot frappé de la rose. Avec la blessure de Tomkins, Barritt et Burrell auront donc la lourde tâche d’épauler Twelvetrees dans le gros défi de la prise du milieu du terrain face à une paire les plus « youtubable » du monde avec l’explosif Fofana et le renversant Mathieu Bastareaud. Avantage France.

Si la mise au ban de Chris Ashton aux dépends du néophyte Nowell a créé la surprise, son statut était déjà compromis en raison de l’émergence des 2 bombes Marland Yarde et Christian Wade. Les 2 ailiers semblaient promis à occuper les ailes et à enflammer toutes les rencontres du XV de la Rose durant ce tournoi, hélas le sort en a décidé autrement. Yarde (hanche) et Wade (pied) sont out, si on y ajoute Ben Foden (genou) voilà les anglais privés d’un triangle arrière à fort potentiel. Lancaster s’est donc appuyé sur les 2 révélations de ce début de saison, le Chief Jack Nowell et Johnny May de Gloucester. Si Wade et Yarde semblaient être devant dans la hiérarchie des ailiers, Nowell et May ont une belle carte à jouer en leur absence à un poste où la fraîcheur et la performance sont déterminants. Ils seront épaulés par Mike Brown, plutôt habitué de jouer à l’aile en sélection. Alex Goode pourra toujours sortir du banc pour apporter son sang froid et la qualité de son jeu au pied. Face au triangle Dulin, Médard, Huget la partie sera des plus intéressante. Mais là aussi prime à l’expérience des tricolores, avantage France.

Dans le pack anglais, il y aura un absent de marque dans chaque ligne. Corbisiero en 1ère, Parling en 2ème et Croft en 3ème. Nul doute que ce sera celle du pilier des London Irish qui risque d’être la plus gênante pour Lancaster dans la mesure où il s’agit du meilleur gaucher dont il dispose dans son squad. Auteur d’une tournée majuscule en Australie avec les Lions, il manquera cruellement en mêlée fermée. Ses jeunes concurrents Marler et Vunipola sont plus réputés pour leur mobilité et leur présence dans le jeu courant bien qu’ayant une tenue en mêlée tout à fait acceptable. Ils passeront à l’épreuve de la monolithique première ligne française Domingo/Kayzer/Mas. Dan Cole et Dylan Hartley restant de sacrés clients, la partie sera des plus équilibrées dans ce secteur de jeu. En 2ème ligne, Geof Parling mélange anglais de Thibault Privat et Arnaud Méla risque de manquer pour son goût du combat et des tâches obscures. Lawes et Launchbury formeront une 2ème ligne plus aérienne et mobile, peut être un peu moins complémentaire contrairement au duo Papé/Flanquart qui a pour avantage d’évoluer sous les mêmes couleurs en club.

Parling, le fils caché de Thibault Privat et Arnaud méla

Parling, le fils caché de Thibault Privat et Arnaud Méla

En troisième ligne, le profil de Croft, joueur de rupture par excellence, peut être remplacé par Wood excellent en club. Toutefois Croft reste incomparable lors de ses rushs en pleine défense ou en débordement, ses replis défensifs étant aussi parfois salvateurs. Côté français, l’absence de Captain Dusautoir est une perte, tant au niveau du leadership que de l’impact défensif. Le sang frais de Le Roux et le punch de Nyanga devraient pouvoir apporter autre chose en terme offensif. Enfin le gros point d’interrogation côté français est la charnière. Alors que Lancaster a installé Farrell qui fêtera sa 20ème sélection face aux bleus, St André lancera Plisson, même âge que Farrell mais avec 0 sélection au compteur. Il sera associé à son ancien rival au poste de demi d’ouverture des équipes de France jeunes, Jean Marc Doussain, qui officiera à la mêlée. Les 2 garçons sont solides mentalement et ils prouvent toute leur valeur chaque week end en Top 14 et en HCUP, toutefois le niveau international ne leur laissera aucune marge de manoeuvre en cas de contre performance. Nul doute que les sujets de sa majesté sauront mettre la jeune garde tricolore sous pression.

Les nouveautés

Nous avions déjà abordé le sujet sur Good Game Rugby, toutefois nous n’avions pas parlé de Nowell et May qui semblaient partir de plus loin que Watson. Mea Culpa, ce sera donc l’occasion de se concentrer sur les 2 feux follets anglais. Jack Nowell fait partie de la golden generation championne du monde des U20 2013, aux côtés des Anthony Watson et autres Henry Slade il a joué un rôle majeur dans cette équipe en apportant tout son punch et son omniprésence sur le terrain. Contrairement à un Watson au profil plus finisseur, Nowell participe activement à la construction du jeu en venant se proposer dans la ligne, il a surtout de réelles qualités défensives, comme peut en attester son match en HCUP face au RCT. Ailier petit format (1m81) il possède une vraie explosivité sur les 10 premiers mètres et des appuis courts qui lui permettent de casser les premiers plaquages. Il devrait se retrouver en face de Maxime Médard au profil assez similaire. Un duel à suivre de près, tout comme celui que se livreront Yoann Huget et Johnny May, véritable révélation des cherries and white au même titre que l’ouvreur Freddie Burns. Avec 24 essais (dont 5 depuis le début de la saison) au compteur en Premiership, May fait partie des valeurs sures du championnat anglais. Sa longue foulée et son goût pour les relances lui ont permis d’inscrire de vrais chef d’oeuvre ! Il a la particularité de pouvoir couvrir les postes d’ailier, d’arrière mais aussi de second centre. Avec 1,88m et 90kgs, il privilégie toutefois l’évitement et la prise d’intervalle au contact. Contrairement à Nowell il a besoin d’être lancé pour exploiter tout son potentiel offensif, Jules Plisson est prévenu…

Jack Nowell et Johnny May prêts à mettre le feu.

Jack Nowell et Johnny May prêts à mettre le feu.

Le pronostic

En dépit des nombreuses absences de marque, ce crunch est clairement un des plus excitants de ces dernières années, et donc un des plus indécis ! Avec cette nouvelle charnière, ce sera le grand test pour les bleus. Le pack reste très homogène et peut causer de vrais problèmes aux anglais, toutefois l’insouciance et le talent des nouveaux capés anglais peut s’avérer être un gros plus pour une équipe dont le jeu de ligne n’est clairement pas la marque de fabrique. En face les bleus alignent leur ligne de 3/4 type qui, avec Bastareaud, Fofana et Médard, possèdent 3 des meilleurs joueurs du Tournoi. Mais on connait les tâtonnements de l’animation offensive tricolore et même si ces derniers ont bénéficié d’un temps de préparation unique, rien ne dit que Lagisquet a trouvé la recette magique pour faire jouer ensemble tous ces talents et profils atypiques.

A domicile, face à une équipe anglaise en quête de repères, la France devrait l’emporter. Mais le rugby n’est pas une science exacte 😉

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Les bleus du XV de la rose

Stuart Lancaster est un pragmatique, pas vraiment du genre à se lamenter sur son sort ou a jouer les bons samaritains. Lorsqu’il reprend la sélection nationale en 2012, il installe le jeune Owen Farrell à l’ouverture et remise la vieille garde de son prédécesseur Johnson. Exit Wilkinson, Shaw, Worsley, Tindall, Cueto et autres Sheridan. Il installe ses hommes et son projet de jeu, pas de demi mesure et autres compromis. Alors qu’il pensait tenir son ossature pour ce tournoi 2014, le voilà privé de 5 de ses habituels titulaires (Tuilagi, Croft, Parling, Corbisiero et Foden) ainsi que de 2 des révélations de la tournée d’été (Yarde et Wade). Comme si cela ne suffisait pas, Flood, sa doublure de luxe à l’ouverture, a choisi l’exil en France et le contraint donc à l’évincer du squad. Pas vraiment un problème pour Lancaster, qui y voit plutôt une opportunité de lancer dans le grand bain quelques pépites de la formation anglaise, et par la même occasion d’élargir son groupe en vue du mondial 2015.

Petit tour d’horizon des bleus du XV de la rose. 

George Ford 1/2 d’ouverture de Bath. 

Ford l'ambitieux

Ford l’ambitieux

Ford est un véritable phénomène de précocité. A 16 ans et 237 jours il devient le plus jeune joueur anglais à faire ses débuts dans le championnat professionnel sous les couleurs des Leicester Tigers. Même précocité en sélection nationale où il est sélectionné en U18 à seulement 15 ans, et en U20 à seulement 17 ans ! Sa gestion du jeu à la main et au pied ainsi que sa précision aux barres en font rapidement un cadre et un capitaine incontesté dans toutes les sélections jeunes au point d’être nommé meilleur joueur junior IRB de l’année 2011 en devançant les Blacks Sam Cane et Luke Whitelock, excusez du peu ! Cela vous classe un bonhomme. En club, malgré quelques apparitions prometteuses, il se heurte à la concurrence du titulaire du XV de la rose, Toby Flood. Il décide alors de signer à Bath où son père Mike Ford entraîne. Dans le sud ouest de l’Angleterre il va prendre les clés du camion et s’imposer comme le patron de cette équipe mythique où il en est déjà à 142 points inscrits, ce qui fait de lui le meilleur réalisateur du championnat. A seulement 20 ans, Ford possède une vision du jeu impeccable, un jeu au pied des plus fiables et un goût pour l’attaque indéniable. Cela prouve encore une fois la capacité des anglais à couver leurs surdoués pour les faire éclore en temps et en heure, comme ils le firent pour Wilkinson ou bien Farrell. D’ailleurs si ce dernier est le titulaire incontestable à l’ouverture, il ne va pas falloir qu’il se repose sur ses lauriers car le jeune George a les dents qui rayent le plancher et de vrais arguments à faire valoir. La concurrence avec des joueurs plus âgés ne lui a jamais fait peur, et le garçon ne se complait guère dans des rôles de doublure…

Luther Burrell 3/4 centre de Northampton.

Luther Burrell

Luther Burrell

Si nous avons toujours envié la capacité des anglais à pondre des demis d’ouverture de talent, ces derniers nous ont toujours envié notre vivier au poste de 3/4 centre. L’exploit de Wesley Fofana l’an passé à Twickenham n’a fait que raviver ce cruel manque. Avec les naturalisations de Barritt et Tuilagi, Lancaster a doté son milieu de terrain de 2 centres de fort tonnage destinés à la prise du milieu de terrain, toutefois l’ombre de Mike Catt et Will Greenwood plane toujours dans les travées de Twickenham. Le centre créateur/passeur est une denrée rare au niveau international et seules quelques équipes peuvent se targuer d’en posséder un spécimen. Lancaster doit donc piaffer d’impatience de tester Luther Burrell, 3/4 centre aux dimensions atypiques (1m91, 104kgs) mais avec une vraie capacité à faire vivre le ballon après contact. Véritable révélation de la saison du côte des Saints de Northampton où Mallinder l’associe parfois avec George North (attention les dégâts !), celui ci exprime tout son potentiel en Premiership. Aura-t-il le coffre pour réitérer ses performances au niveau international ? A vérifier durant ce tournoi si Lancaster lui donne sa chance. Doté d’un gros raffut et d’une sacrée défense, il pourrait vite devenir le pendant idéal de Manu Tuilagi au centre de l’attaque anglaise.

Kyle Eastmond 3/4 centre de Bath

Eastmond sur les traces de Robinson

Eastmond sur les traces de Robinson

Attention phénomène ! Ancien joueur à XIII du côté de l’institution St Helens, il s’agit peut être là du nouveau Jason Robinson. Même gabarit (1m70, 80kgs), même passé de treiziste, même style déroutant… Bref la comparaison est incontournable pour quiconque a vu évoluer les 2 joueurs. Après 3 années accomplies du côté de St Helen’s il signe un contrat de 3 ans avec Bath en 2011, et sur un conseil du légendaire Sir Ian McGeechan, il se positionne rapidement en numéro 12. Si sa 1ère saison sera celle de l’adaptation, sa seconde fut réellement aboutie avec 22 titularisations et 5 essais, ce qui lui valut de glaner sa 1ère cape lors de la tournée en Argentine. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour s’illustrer.

Son style félin tout en appuis et en accélération offre une autre alternative à Lancaster qui a l’occasion d’ajouter un panel offensif supplémentaire sur ses schémas de jeu. Eastmond a de grandes qualités, et certains anciens comme Lewis Moody n’hésitent pas à le comparer à Billy Whizz Robinson son glorieux ainé. A 24 ans il a toutes les armes pour se mettre le public anglais dans la poche, à condition de confirmer dans un contexte plus relevé qu’une tournée estivale.

Anthony Watson, 3/4 aile de Bath

Watson, the flying english

Watson, the flying english

S’il y avait Britain’s got talent version rugby, Anthony Watson aurait de grandes chances de l’emporter. Elémentaire, me direz-vous, tellement le garçon est spectaculaire et doué ! Là où George Ford épate par la sobriété de son jeu et son incroyable maturité, Watson impressionne par ses qualités physiques (1m91, 93kgs), son incroyable vitesse (11″4 sur 100m) mais surtout ses appuis déroutants qui font de lui un des finisseurs les plus prometteurs de sa générations. Passé par l’Academy des London Irish, le Seven et le centre de formation de Chelsea (!), c’est cette saison à Bath qu’il explose à côté de ses compères Eastmond et Ford. Plus à l’aise à l’arrière il a cependant une belle carte à jouer à l’aile en l’absence de Yarde, Wade ainsi que la méforme d’Ashton. De nombreux observateurs britanniques attendent avec impatience de le voir jouer dans la cour des grands (il est déjà passé par toutes les sélections de jeunes) et ce, dès le 1er match du Tournoi. Une possibilité que n’exclue pas Lancaster même s’il devrait logiquement se reposer sur les expérimentés Goode, Brown et Ashton. Watson pourrait toutefois trouver une place sur le banc et prouver toute sa valeur en cas d’entrée en jeu. Les français sont prévenus !

 

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The real history of rugby

Petite vidéo sympa de l’office du tourisme anglaise qui est en pleine promotion de la prochaine Coupe du Monde de rugby qui se déroulera à partir du 18 octobre 2015 en Grande Bretagne.

Rugby 1823

Rugby 1823

On y retrouve notamment les dates des actes fondateurs illustrés par des personnages hauts en couleur qui donnent un aspect original et décalé à ce film promotionnel. Il y a quelques perles parmi les dates, notamment en 1974 dans l’antre de Twickenham, je vous laisse la surprise 😉

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Samu Manoa, le bien nommé.

UPDATE 22/12/2014 : Samu Manoa s’est engagé pour 4 saisons au RCT.

Il vient tout juste de récupérer son trophée de « Premiership player of the month » pour le mois d’octobre, il est américain d’origine tonguienne , mais en faisant une contre-pétrie à partir de son patronyme on pourrait croire qu’il appartient aux… Manu Samoa. Vous me suivez ? 

Non ? Ce n’est pas bien grave on est là pour ça. Samu Manoa est un seconde ligne que l’on peut classer dans la catégorie des rugueux. A 28 ans il se traine déjà une solide réputation de découpeur avec quelques chefs d’oeuvre à son actif. Si la faible exposition des Eagles ne lui permet pas de briller à sa juste valeur, il sait saisir l’opportunité lorsqu’elle se présente, comme lors de ce test match face à l’Irlande à Houston, Texas où O’Mahony a eu un problème. Ce dernier, capitaine de fortune d’une équipe irlandaise en tournée qui avait décidé de tester des nouveaux joueurs, reçoit la gonfle à hauteur des 40m, hélas Manoa a anticipé la course du Munsterman et le renvoie à ses chères études d’une magnifique planche dont il a le secret !

S’il s’agit là d’un de ses rares coups d’éclat sur la scène internationale, les amateurs de Premiership connaissent bien le joueur des Northampton Saints où il forme un attelage assez effrayant avec Courtney Lawes, autre grand ambassadeur du Cachou Lajaunie. Neveu d’une ancienne gloire tonguienne émigrée à Hawaï, c’est donc tout naturellement que Manoa démarre sa carrière de rugbyman au club de San Francisco Golden Gate. Il y effectuera 7 saisons avec notamment un titre en 2009. En 2011 il tape dans l’oeil de Jim Mallinder, directeur du rugby chez les Saint de Northampton qui le signe. En saisissant ce beau contrat en Europe, il sait que sa carrière va décoller même si une clause dans son contrat l’empêche de participer à la coupe du monde 2011. Mais sa décision est prise et c’est donc sur les rives du fleuve Nene que ce dernier va développer son rugby et prendre une dimension internationale. Dès sa 1ère saison il claque 17 feuilles de match, 2 trophées d’homme du match face à Castres (HCUP) et les Harlequins et termine dans la Dream Team ESPN, excusez du peu !

L’an passé, il ne baisse pas de rythme et enchaine 24 apparitions sous le maillot des Saints dont la majorité aux côté de l’autre terreur des Midlands, Courtney Lawes. Sa grosse activité défensive et son style spectaculaire lui permettent d’être élu joueur du club par le public et par ses pairs, vous parlez d’une reconnaissance ! Le garçon mouille le maillot et le public de Franklin’s Garden le lui rend bien.

Besoin de Samu ?

Vous avez appelé le Samu ?

Avec 7 apparitions pour 3 essais (contre 2 lors des 2 dernières saisons) il a même pris une dimension supplémentaire en attaque où malgré son double mètre, il parvient à créer des brèches et à conclure. C’est là que le garçon a un profil rare, il n’est pas seulement un guerrier, c’est aussi un excellent manieur de ballon ce qui lui vaut parfois de descendre en 6. Il est très précieux dans l’alignement des Saints où son capitaine Hartley dispose de 2 cibles privilégiées avec Lawes, voir 3 avec Christian Day. Pièce maîtresse de Northampton, il est encore sous contrat pour les 2 prochaines saisons, toutefois il y a fort à parier que son profil rare va susciter de nombreuses convoitises en Europe, et l’appétence actuelle des clubs français pourrait les diriger vers cet incroyable plaqueur…

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La malédiction noire

Dimanche à Dublin, on a certainement assisté à un des plus beaux matchs de l’année si ce n’est le plus beau. Cet Irlande / All Blacks que l’on annonçait à sens unique tellement les hommes en noir dominent leur sujet cette année, s’est finalement transformé en pur chef d’oeuvre rugbystique par la grâce de 30 joueurs totalement subjugués par ce match en terre irlandaise. Retour sur 80 minutes de pur bonheur.

Les statistiques sont cruelles pour les irlandais. Avant ce match ils n’ont jamais battu les All Blacks, tout juste accroché les néo-zélandais en… 1973 ! En 27 matchs donc, les verts ne sont jamais parvenus à faire chuter leur adversaire du jour, pire encore, leur dernière opposition en juin 2012 avait viré à la fessée record avec un 60/0 qui en dit long sur l’écart de niveau du moment entre les 2 formations. Avant ce match peu d’observateurs croient aux hommes de Joe Schmidt et pourtant…

Début de match canon

Pas impressionnés par le traditionnel Ka Mate des visteurs, les irlandais réalisent un début de match époustouflant où les enchaînements avant 3/4 déstabilisent le rideau noir de manière spectaculaire. La charnière Murray / Sexton anime à merveille autour des rucks, et c’est le 1er nommé, qui à la surprise générale, aplatit la gonfle au bout de seulement 4 minutes de jeu ! La réalisation est juste parfaite et incroyablement limpide ! Une conquête solide et une volonté de fer pour gagner le centimètre nécessaire auront eu raison de la défense de la meilleure équipe du monde au bout de seulement 4 minutes.

Connor Murray marque à la 4ème minute !

Connor Murray marque à la 4ème minute !

Sexton transforme et voilà les irlandais idéalement lancé dans cette partie. Piqués au vif, les champions du monde récupèrent le renvoi et sur une belle inspiration de Cruden, Savea est à deux doigts de conclure en coin. Sur la touche qui suit, les irlandais assurent la conquête et se lancent dans une folle relance de leur 22m mais une mauvais transmission les oblige à rendre le ballon aux Blacks qui échouent à quelques mètres seulement de l’en but. Un dégagement au pied plus tard, la furia verte déferle sur les attaquants Blacks, surpris par un tel engagement. Touche irlandaise sur les 40, Best trouve O’Connell qui dévie directement sur Murray puis Sexton qui envoie Heaslip pénétrer le 1er rideau adverse. Murray renverse sur Healy lancé comme un frelon qui parvient à trouver son compère de la 1ère ligne Best. Murray en remet une couche avec Heaslip et sur le regroupement qui suit, O’Brien ramasse et s’enfonce dans les 22 adverses pour trouver Murray, omniprésent ! Après un nouveau point initié par O’Brien, également monstrueux, Murray envoie Best en terre promise, c’est le délire dans l’Aviva Stadium ! 14/0 après la transformation de Sexton les Blacks sont KO debout et les irlandais sur un nuage, et ce n’est pas fini…

Rory Best pour le 14/0

Rory Best pour le 14/0

Les Blacks se lancent à corps perdus dans la bataille mais butent sur un rideau vert organisé et animé une volonté de fer. O’Brien et Healy ralentissent les sorties de balle et les Blacks pataugent. Sur une offensive au large, Dagg contrôle mal un ballon et Kearney intercepte et met le turbo, plus personne ne le reverra. Le frisson qui traverse les travées de l’Aviva Stadium est indescriptible, de Limerick à Galway toute l’Irlande est en fusion, le XV du trèfle qui n’a jamais battu les All Blacks de toute leur histoire est en train de d’infliger un 19-0 aux champions du monde en seulement 17 minutes !

Rob Kearney sintercepte

Rob Kearney intercepte

A ce moment de la partie on pense que les irlandais ont fait un grand pas vers cette victoire historique que tout un peuple attend depuis des siècles. Mais ces Blacks sont faits d’un bois rare, celui des grands champions. Et quelques minutes plus tard, là où une majorité d’équipes aurait explosé en plein vol, ils trouvent la solution sur un petit rasant de Cruden pour Savea qui ouvre le score pour les Blacks. Cruden transforme mais l’ampleur du score reste encore largement en faveur des Blacks d’autant plus que Sexton enfonce le clou d’une pénalité. Cruden lui réplique au retour des citrons. Les irlandais ne semblent pas gérer leur match et semblent plutôt payer les efforts consentis en 1ère mi-temps, mauvaise nouvelle d’autant plus que les Blacks réduisent la marque avec Franks en force. Cruden ramène les siens à 1 essai transformé du match nul en réussissant la transformation ! Panique dans le stade où on sent que les Blacks ont su laisser passer l’orage pour revenir en 2ème période.

La faillite de Sexton

Mais cette victoire ne peut pas échapper aux irlandais, avec moins de 15 minutes à jouer, ils se doivent de conserver la marque coute que coute, et quand une pénalité légèrement excentrée à droite des barres se présente à 5 minutes du terme de la partie, l’impeccable Jonathan Sexton sait que c’est celle de la gagne. Mais la pression est là et son temps de préparation est incroyablement long, le racingman a-t-il trop « cogité » ? Rien n’est moins sur et lorsque le ballon s’éloigne des poteaux, les irlandais savent que les Blacks vont déchainer les enfers sur les 5 dernières minutes. Et ils n’ont pas faux, les Blacks prennent tous les risques et jouent tous les ballons qui se présentent. Nonu au bout de son effort commet un en avant, turnover fatal ? Les irlandais mettent la main sur le ballon et l’on sait ô combien les O’Connell et consorts savent tuer le temps par du jeu au près, véritable marque de fabrique du Munster. Mais à la 78ème (!) alors que l’on pensait les Blacks définitivement battus par cette valeureuse Irlande, Nigel Owens siffle une faute au sol qui rend le ballon aux coéquipiers de Mc Caw. Dans une folle remontée de terrain et au terme de temps de jeu interminables, Smith éjecte le ballon pour Cruden qui allonge la passe pour Dan Coles, le talon remplaçant réalise alors un geste d’une rare dextérité pour son poste en fixant deux défenseurs pour envoyer Crotty en terre promise, stupeur dans le stade. A voir les Blacks se congratuler mutuellement on imagine que ce nul équivaut à une victoire à leurs yeux tellement ils reviennent de loin. Cruden a pourtant la gagne au bout du pied, mais sa transformation passe à droite. Coup de théâtre, sa petite mimique du pied a incité les défenseurs irlandais à monter au contre pensant qu’il avait entamé sa course d’élan. Nigel Owens prend la bonne décision en faisant retenter la transformation. Cette fois Cruden ne tremble pas et dans un pur moment de dramaturgie, celui-ci permet aux Blacks de rester invaincus en 2013 avec 14 victoires, incroyable. Les irlandais sont abattus même s’ils ont probablement produit un des plus beaux matchs des 20 dernières années, ceux-ci n’ont toujours pas gagné les Blacks et pour les géants que sont Paul O’Connell et Brian O’Driscoll, cette défaite sonne surement le glas de leurs rêves de triomphe face aux légendaires All Blacks, et Dieu sait qu’ils la méritaient celle-ci. Les Blacks eux, prouvent au monde entier que le titre de « meilleure équipe du monde » n’est en rien erroné, et l’émotion dégagée tout au long de ce match où ils sont passés du vide interstellaire à la gloire éternelle d’une année triomphante prouve qu’il s’agit bien d’hommes, certes, mais d’exception. Nous devons considérer la chance que nous avons de les voir évoluer à ce niveau de performance et nous incliner devant tant de qualités réunies. Pour les irlandais cela peut s’avérer être un traumatisme ou un acte fondateur, l’avenir nous le dira… Quoi qu’il en soit, Joe Schmidt a déjà posé son empreinte sur cette équipe tant elle a paru structurée et sure de sa technique. Ce sera très certainement un gros client pour le Tournoi qui s’annonce…

La pire moustache de l’année est attribuée à…

Mathew Turner ! Membre de l’équipe d’Angleterre de rugby à 7 pour sa formidable « monkey’s tail » en forme de queue de singe donc.

Mathew Turner

Mathew Turner

 

Cueto, vieux requin solitaire.

Pour ce 1er billet il fallait démarrer sur du solide, du concret et assurer « les fondamentaux ». De fait, rédiger un papier sur les Sale Sharks où j’ai passé un semestre en stage et sur son icone Mark Cueto m’apparait comme une évidence. 

Ce soir (22/11) à 19h45 heure locale, se déroulera le match Sale Sharks vs Worcester Warriors pour le compte de la 8ème journée d’Aviva Premiership. Ce match passera surement inaperçu entre les test-matchs du lendemain et un USAP/RCT qui sent bon la visite de complaisance pour Virgile Bruni. En outre il s’agira d’un match du ventre mou de la Premiership entre le 8ème et le dernier du championnat. La lecture purement comptable de cette opposition entre 2 équipes en quête d’identité et de continuité n’est pas très ronflante, toutefois la présence de Mark Cueto dans le XV de départ des Sharks mérite à elle seule un éclairage particulier tant le garçon aura marqué le championnat anglais et le club de Sale par son empreinte.

Des débuts prometteurs

Mark Cueto disputera là son 241ème match sous les couleurs des Sale Sharks, son seul et unique club professionnel. Tout droit sorti des Jets (l’académie des Sharks) Cueto ne tarde pas à intégrer le squad professionnel et dès sa 1ère saison pro il termine meilleur marqueur d’essai de la Premiership avec 13 réalisations. Il est aujourd’hui le meilleur marqueur en activité de l’histoire de la Premiership avec 83 réalisations juste devant une autre légende des Sharks, le nonchalant Steve Hanley (75), ce qui en dit long sur l’influence et la régularité de notre bonhomme. Auteur de bonnes performances, il explose avec l’arrivée de Philipe Saint-André aux commandes du club en 2004, année faste où il connaitra d’ailleurs les joies de la sélection anglaise pour un début en fanfare avec un doublé pour sa 1ère cape face au Canada. Avec l’arrivée de l’actuel sélectionneur du XV de France, le club prend une autre dimension et l’arrivée massive de joueurs français (Chabal, Faure, Courrent, Larrechea, Bruno) donne un coup de boost à cette formation déjà riche de nombreux internationaux mais à la conquête un peu fébrile. Bruno et Faure redonnent de la vigueur à la mêlée fermée et le même Bruno sa régularité au lancer. Et que dire de « SeaBass » aka Sébastien Chabal ?! Bien avant de devenir l’idole du peuple, c’est bien à Sale que ce dernier s’est révélé sous la houlette de son éphémère mentor berjallien. Repositionné en 8 et assurant la couverture en 2ème rideau, il fait parler sa puissance et son explosivité. Fort d’un pack conquérant et d’une charnière aux portes de l’équipe d’Angleterre (Wigglesworth/Hodgson) le triangle arrière composé de Cueto, Robinson et du virevoltant catalan Oriol Ripol dynamite les défenses adverses et récolte les titres (Challenge européen en 2005, Premiership en 2006).

Cueto face à la France

Cueto face à la France

Des lendemains qui déchantent

Mais les lendemains de fête sont parfois douloureux, avec le départ de PSA et ses frenchies, la retraite de Jason Robinson, les départs des historiques Sheridan, Hodgson et l’exil des jeunes talents Wiggleswoth, Foden (!) le niveau des Sharks baisse inexorablement. Les finances plombées par le passage galactique de PSA sont en souffrances, mais Mark Cueto reste fidèle à son club quitte à faire une croix sur des opportunités en France ou dans des clubs anglais plus huppés. Ce n’est pas grave, car si le club banlieusard mancunien a la gueule de bois, Cueto lui, brille de milles feux sous le maillot du XV de la rose. Il contribue au retour au 1er plan de l’Angleterre après son titre mondial de 2003 et les difficultés de reconstruction qui suivirent, au point de devenir un cadre en puissance en alignant 29 matchs d’affilé en tant que titulaire sur l’aile gauche de la sélection. Là aussi il reformera un trident arrière de grande qualité avec Robinson, Foden, Armitage ou bien encore Ashton. Il sera un élément clé de la conquête du tournoi 2011 et malgré une blessure reviendra titulaire durant la coupe du monde 2011 où il jouera même le 1/4 de finale perdu face aux Français. Mark Cueto est donc un homme convoité, surement un des meilleurs ailiers de sa génération, et en dépit de nombreuses sollicitations il a toujours choisi de rester fidèle aux Sharks malgré le manque de résultats et d’exposition médiatique dont souffre son club de coeur depuis le départ du très médiatique St-André. Sa longévité au club est assez rare à ce niveau et seule une poignée de joueurs peuvent se targuer de n’avoir connu qu’un seul club, même si rien n’est jamais sur à 100% dans le rugby pro, il devrait finir sa carrière au terme de la saison 2013/14 dans la banlieue mancunienne. Retraite ou pas, une une chose est sure, il aura marqué de son empreinte ce club par sa longévité et sa régularité. Sa fidélité sans faille et sa contribution comptable (465 points) lui assurent une place au panthéon des Sale Sharks aux côtés des Jason Robinson, Pete Anglesea, Steve Hanley, et autres Sébastien Chabal.

Le style

Moins virevoltant que son compère Robinson, Cueto est un ailier complet, bon sous les ballons aériens, doté d’une bonne pointe de vitesse et de crochets efficaces, toutefois sa grande force réside dans son sens du placement et de l’anticipation, à l’image d’un Vincent Clerc, il s’agit d’un finisseur hors pair qui sent bien les coups. Sa capacité à venir se proposer avec le bon timing dans la ligne récupérer les offrandes de Toby Flood en sélection ou Charlie Hodgson en club en font un élément incontournable sur les phases offensives. Son autre grande qualité réside dans la longueur de son jeu au pied où il parvient souvent à donner de l’air à son équipe. Le fait qu’il soit gaucher offre également d’autres alternatives à son ouvreur. En défense il sait se montrer intraitable et assène parfois de gros tampons à son vis-à-vis, avec près de 95kgs sur la balance pour 1m83 il peut s’opposer frontalement sans craindre pour son intégrité physique.

Les records de Mark Cueto

  • Meilleur marqueur d’essai de tous les temps en Premiership (81 série en cours)
  • 1 essai inscrit pendant 8 matchs consécutifs (A égalité avec Chris Oti)
  • Joueur ayant disputé le plus de matchs sous le maillot des Sale Sharks (240 série en cours)
  • 55 sélections en équipe d’Angleterre pour 20 essais.

Mark Cueto, homme de records.

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