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Le crunch nouveau est arrivé !

Demain, français et anglais croiseront le fer en ouverture d’un Tournoi des 6 nations qui s’annonce indécis et disputé comme jamais. Si la rivalité franco-anglaise est séculaire, cet épisode est surtout marqué par le renouvellement massif des effectifs franco-anglais. L’occasion de faire un état des lieux des forces en présence et de se livrer au  jeu des prédictions.

Les absents

Si ce choc dégage une telle impression de renouveau, c’est principalement en raison de nombreuses absences de part et d’autre, absences favorisant le lancement de nouveaux talents. Côté anglais, on  dénombre pas moins de 8 absents dont 5 titulaires en puissance. Comment ne pas évoquer Manu Tuilagi ? Ce dernier s’est imposé au centre de l’attaque anglaise au point d’en être devenu le leader incontesté. Sa puissance physique et son emprise mentale sur ses adversaires sont deux éléments qui seront impossibles à remplacer pour Lancaster. Et même si Twelvetrees semble en grande forme ces derniers temps, celui-ci n’a toujours pas convaincu de manière ferme et définitive outre-manche sous le maillot frappé de la rose. Avec la blessure de Tomkins, Barritt et Burrell auront donc la lourde tâche d’épauler Twelvetrees dans le gros défi de la prise du milieu du terrain face à une paire les plus « youtubable » du monde avec l’explosif Fofana et le renversant Mathieu Bastareaud. Avantage France.

Si la mise au ban de Chris Ashton aux dépends du néophyte Nowell a créé la surprise, son statut était déjà compromis en raison de l’émergence des 2 bombes Marland Yarde et Christian Wade. Les 2 ailiers semblaient promis à occuper les ailes et à enflammer toutes les rencontres du XV de la Rose durant ce tournoi, hélas le sort en a décidé autrement. Yarde (hanche) et Wade (pied) sont out, si on y ajoute Ben Foden (genou) voilà les anglais privés d’un triangle arrière à fort potentiel. Lancaster s’est donc appuyé sur les 2 révélations de ce début de saison, le Chief Jack Nowell et Johnny May de Gloucester. Si Wade et Yarde semblaient être devant dans la hiérarchie des ailiers, Nowell et May ont une belle carte à jouer en leur absence à un poste où la fraîcheur et la performance sont déterminants. Ils seront épaulés par Mike Brown, plutôt habitué de jouer à l’aile en sélection. Alex Goode pourra toujours sortir du banc pour apporter son sang froid et la qualité de son jeu au pied. Face au triangle Dulin, Médard, Huget la partie sera des plus intéressante. Mais là aussi prime à l’expérience des tricolores, avantage France.

Dans le pack anglais, il y aura un absent de marque dans chaque ligne. Corbisiero en 1ère, Parling en 2ème et Croft en 3ème. Nul doute que ce sera celle du pilier des London Irish qui risque d’être la plus gênante pour Lancaster dans la mesure où il s’agit du meilleur gaucher dont il dispose dans son squad. Auteur d’une tournée majuscule en Australie avec les Lions, il manquera cruellement en mêlée fermée. Ses jeunes concurrents Marler et Vunipola sont plus réputés pour leur mobilité et leur présence dans le jeu courant bien qu’ayant une tenue en mêlée tout à fait acceptable. Ils passeront à l’épreuve de la monolithique première ligne française Domingo/Kayzer/Mas. Dan Cole et Dylan Hartley restant de sacrés clients, la partie sera des plus équilibrées dans ce secteur de jeu. En 2ème ligne, Geof Parling mélange anglais de Thibault Privat et Arnaud Méla risque de manquer pour son goût du combat et des tâches obscures. Lawes et Launchbury formeront une 2ème ligne plus aérienne et mobile, peut être un peu moins complémentaire contrairement au duo Papé/Flanquart qui a pour avantage d’évoluer sous les mêmes couleurs en club.

Parling, le fils caché de Thibault Privat et Arnaud méla

Parling, le fils caché de Thibault Privat et Arnaud Méla

En troisième ligne, le profil de Croft, joueur de rupture par excellence, peut être remplacé par Wood excellent en club. Toutefois Croft reste incomparable lors de ses rushs en pleine défense ou en débordement, ses replis défensifs étant aussi parfois salvateurs. Côté français, l’absence de Captain Dusautoir est une perte, tant au niveau du leadership que de l’impact défensif. Le sang frais de Le Roux et le punch de Nyanga devraient pouvoir apporter autre chose en terme offensif. Enfin le gros point d’interrogation côté français est la charnière. Alors que Lancaster a installé Farrell qui fêtera sa 20ème sélection face aux bleus, St André lancera Plisson, même âge que Farrell mais avec 0 sélection au compteur. Il sera associé à son ancien rival au poste de demi d’ouverture des équipes de France jeunes, Jean Marc Doussain, qui officiera à la mêlée. Les 2 garçons sont solides mentalement et ils prouvent toute leur valeur chaque week end en Top 14 et en HCUP, toutefois le niveau international ne leur laissera aucune marge de manoeuvre en cas de contre performance. Nul doute que les sujets de sa majesté sauront mettre la jeune garde tricolore sous pression.

Les nouveautés

Nous avions déjà abordé le sujet sur Good Game Rugby, toutefois nous n’avions pas parlé de Nowell et May qui semblaient partir de plus loin que Watson. Mea Culpa, ce sera donc l’occasion de se concentrer sur les 2 feux follets anglais. Jack Nowell fait partie de la golden generation championne du monde des U20 2013, aux côtés des Anthony Watson et autres Henry Slade il a joué un rôle majeur dans cette équipe en apportant tout son punch et son omniprésence sur le terrain. Contrairement à un Watson au profil plus finisseur, Nowell participe activement à la construction du jeu en venant se proposer dans la ligne, il a surtout de réelles qualités défensives, comme peut en attester son match en HCUP face au RCT. Ailier petit format (1m81) il possède une vraie explosivité sur les 10 premiers mètres et des appuis courts qui lui permettent de casser les premiers plaquages. Il devrait se retrouver en face de Maxime Médard au profil assez similaire. Un duel à suivre de près, tout comme celui que se livreront Yoann Huget et Johnny May, véritable révélation des cherries and white au même titre que l’ouvreur Freddie Burns. Avec 24 essais (dont 5 depuis le début de la saison) au compteur en Premiership, May fait partie des valeurs sures du championnat anglais. Sa longue foulée et son goût pour les relances lui ont permis d’inscrire de vrais chef d’oeuvre ! Il a la particularité de pouvoir couvrir les postes d’ailier, d’arrière mais aussi de second centre. Avec 1,88m et 90kgs, il privilégie toutefois l’évitement et la prise d’intervalle au contact. Contrairement à Nowell il a besoin d’être lancé pour exploiter tout son potentiel offensif, Jules Plisson est prévenu…

Jack Nowell et Johnny May prêts à mettre le feu.

Jack Nowell et Johnny May prêts à mettre le feu.

Le pronostic

En dépit des nombreuses absences de marque, ce crunch est clairement un des plus excitants de ces dernières années, et donc un des plus indécis ! Avec cette nouvelle charnière, ce sera le grand test pour les bleus. Le pack reste très homogène et peut causer de vrais problèmes aux anglais, toutefois l’insouciance et le talent des nouveaux capés anglais peut s’avérer être un gros plus pour une équipe dont le jeu de ligne n’est clairement pas la marque de fabrique. En face les bleus alignent leur ligne de 3/4 type qui, avec Bastareaud, Fofana et Médard, possèdent 3 des meilleurs joueurs du Tournoi. Mais on connait les tâtonnements de l’animation offensive tricolore et même si ces derniers ont bénéficié d’un temps de préparation unique, rien ne dit que Lagisquet a trouvé la recette magique pour faire jouer ensemble tous ces talents et profils atypiques.

A domicile, face à une équipe anglaise en quête de repères, la France devrait l’emporter. Mais le rugby n’est pas une science exacte 😉

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