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Tournoi des 6 nations J3 : La grande séance

4 équipes sont encore en course pour la victoire finale, voilà le principal enseignement de la 3ème journée de cette édition 2014 du Tournoi des 6 nations. Français et irlandais derniers candidats à un potentiel Grand Chelem ont chuté à Cardiff et à Londres devant des Gallois et des Anglais impériaux devant leur public. Et si les irlandais peuvent avoir des regrets d’avoir laisser filer une victoire à leur portée, les français eux, ont rapidement compris qu’ils ne ramèneraient rien de leur déplacement au Millenium tellement leur prestation fut insipide et vide de sens. Enfin, dans le « match de la peur » les écossais s’épargnent la cuillère de bois en sécurisant une victoire en terre transalpine grâce à un drop de 40M de leur ouvreur Duncan Weir.

Pays de Galles / France : Peur sur la ville.

Que dire qui n’a pas déjà été dit sur ce match qui a cristallisé toutes les carences du moment du XV tricolore ? Rappelons simplement les faits, après 2 victoires au forceps face à des anglais dominateurs puis à des italiens limités, les bleus se présentaient en terre galloise remplis d’ambitions. Après un Tournoi 2013 humiliant et 2 tournées (été et automne) guère convaincantes, on pensait avoir retrouvé une équipe de France compétitive, structurée et avec quelques certitudes sur son jeu et ses hommes. Que nenni, 11-0 au bout de 10 minutes de jeu, 20-6 à la mi-temps, vous connaissez la suite. Manque de maitrise criant, aucun lancement de jeu propre, une fébrilité de tous les instants incarnée par une rampe de lancement 8-9-10 plus que bancale…

Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?

Tous les voyants sont passés au rouge durant le match et on a eu la désagréable sensation qu’il n’y avait plus de pilote dans l’avion pour tenter d’éviter le crash. Captain Papé a semblé systématiquement pris dans des chamailleries trop grosses pour être vraies, et n’a jamais eu le leadership nécessaire pour recadrer ses troupes ou insuffler un nouveau plan de jeu. Dur. Quand au chef de gare PSA, il n’a jamais su aiguiller ses wagons dans la bonne direction, préférant laisser la locomotive sans bois Bastareaud piétiner alors que le TGV Fickou piaffait d’impatience de se montrer et d’apporter un peu de folie et de vitesse à cette équipe de France qui en était clairement dénuée. Bref, les carottes étaient bien trop cuites pour espérer en tirer un quelconque ragoût de consolation. Les gallois eux, ont su se montrer enthousiastes et opportunistes et face à ce XV de France là cela s’est avérait largement suffisant. Il ne faut pas dévaluer les gros match de Roberts, Warburton ou encore Adam jones qui a su pousser la mêlée bleue à la faute. Gatland quant à lui a encore prouvé qu’il gérait son groupe de main de maître et qu’il savait faire rebondir ses garçons après l’échec de Dublin. Les diables rouges sont encore en course pour tenter de conserver leur titre, et une grosse épreuve les attend le dimanche 9 mars face à des anglais revigorés par leur victoire face aux irlandais. Les français eux, doivent se rassurer face aux écossais avant de s’offrir peut être un final à St Denis face aux irlandais lors de la dernière journée…

Bastareaud englué dans la défense galloise

Bastareaud englué dans la défense galloise

Italie / Ecosse : Les caves se rebiffent

Difficile de suivre ce match alors que se joue en même temps une des affiches les plus alléchantes du Top 14 entre l’ogre clermontois et l’ambitieuse équipe de Montpellier. Mais grâce à des miracles de technologie, ce fut chose faite, et ce match entre les 2 éternels candidats à la cuillère de bois s’est avéré des plus intéressants. Ce fut une vraie course poursuite où les 2 camps se rendirent coups pour coups. Les italiens semblaient avoir une légère supériorité sur les phases statiques, mais se montrèrent beaucoup trop fébriles au centre du terrain pour espérer l’emporter. Par 2 fois le puissant Dunbar s’en ira inscrire de précieux points, bien aidé par la botte du lutin Duncan Weir qui eut le sang suffisamment froid pour claquer le drop de la gagne de près de 40m. En face on aura pu noter la bonne prestation du prometteur Tommaso Allan qui aura défrayé la chronique avec ses origines écossaises et son choix cornélien pour la Squadra Azzura. Le 2ème ligne du BO Furno a aussi montré de belles dispositions dans le jeu courant et un vrai sens du combat, pas sur qu’il reste sur la côte basque en cas de descente. Les écossais eux ont su croire en leur bonne étoile et auront proposé un jeu léché et aéré, et pour une fois efficace. Avec l’arrivée de Vern Cotter, nul doute que le pragmatisme sera au programme de jeu.

Dunbar file en terre promise !

Dunbar file en terre promise !

Angleterre / Irlande : Over the top

Après la chute du XV de France vendredi soir, tous les regards se portaient sur les hommes de Joe Schmidt, dernière équipe à pouvoir encore espérer rajouter un Grand Chelem à son palmarès. Les 2 premiers matchs avaient confirmé les promesses entrevues lors de la tournée de Novembre où les irlandais avaient failli créer la surprise de l’année en accrochant les All Blacks jusqu’à la dernière minute. Et le contenu de ce match n’allait faire que confirmer la tendance. Pas de round d’observation entre les 2 équipes qui se livrent à corp perdu dans une féroce bataille. D’un côté le jeu de ligne ultra fluide made in Leinster, et de l’autre le rideau de fer concocté par Lancaster plus quelques fulgurances de la triplette des Quins Robshaw, Brown et Care. Pour toutes celles et ceux qui ont eu l’occasion de voir ce match, ce fut un véritable régal des yeux tellement les 30 acteurs produisirent un rugby d’une rare qualité, alternant les temps de jeu et les occasions comme une folle valse offensive.

La folle valse offensive

Les 2 équipes ont clairement un plan et une identité de jeu bien affirmée, et chose encore plus importante ils ont surtout les joueurs capables d’appliquer ces schémas de jeu en se les appropriant tout en y intégrant leurs qualités personnelles. Si les irlandais ont posé leur empreinte tactique et technique sur cette rencontre – comment ne pas s’extasier devant chaque ballon joué par Brian O’Driscoll ?! – les anglais ont encore prouvé qu’en l’absence de Tuilagi ils possédaient une densité physique rare avec Burrell, Twelvetrees, Vunipola et Morgan. Ces derniers ont pesé sur le rideau défensif irlandais et leur a permis de s’extirper de la tenaille des Munstermen O’Connell et O’Mahony. Ce sont même les anglais qui ont pris les irlandais à leur propre jeu en se permettant le luxe de s’imposer dans le combat au sol, notamment grâce à un Joe Launchbury exceptionnel d’abnégation et de justesse technique sur le jeu au sol. Comment ne pas évoquer également le match de Mike Brown, toujours bien placé, capable de réflexes incroyables (CF son arrêt du jeu de au pied de Kearney en pleine course) et surtout doté d’une vista et d’une paire de cannes des plus véloces, il a tenu la baraque derrière et a su saisir les opportunités qui se sont présentées.

Mike Brown décisif

Mike Brown décisif

Ses 2 compères May et dans une moindre mesure Nowell se sont proposés aux 4 coins du terrain et ont fait preuve d’une belle activité à défaut d’efficacité. Care et Murray se sont livrées un joli match dans le match qu’a finalement remporté Care grâce à ce petit grain de folie qui le caractérise, quel sacré joueur !

La joie de Dany Care

La joie de Dany Care

On en arriverait presque à ne pas regretter Ben Youngs. Enfin, dans ce match de titans, comment ne pas évoquer la 139ème sélection de Brian O’Driscoll encore étincelant ce week end ? Intraitable défensivement, tranchant dans chacune de ses interventions, il possède aussi cette capacité de faire le geste juste au bon moment et ainsi bonifier les ballons et faire briller ses co équipiers. N’importe quel joueur rêverait de disputer une partie aux côtés de BOD tellement il semble maitriser son sujet. Hélas, les anglais avaient décidé de ne rien lâcher et dans cette partie des plus serrée, la rigueur défensive des anglais a fait la différence.

Tout est donc ouvert dans ce Tournoi des 6 nations et il y a fort à parier que les anglais seront encore de redoutables candidats au titre final avec une réception bouillante face au Pays de Galles et un déplacement final en Italie.

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