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Les bleus du XV de la rose

Stuart Lancaster est un pragmatique, pas vraiment du genre à se lamenter sur son sort ou a jouer les bons samaritains. Lorsqu’il reprend la sélection nationale en 2012, il installe le jeune Owen Farrell à l’ouverture et remise la vieille garde de son prédécesseur Johnson. Exit Wilkinson, Shaw, Worsley, Tindall, Cueto et autres Sheridan. Il installe ses hommes et son projet de jeu, pas de demi mesure et autres compromis. Alors qu’il pensait tenir son ossature pour ce tournoi 2014, le voilà privé de 5 de ses habituels titulaires (Tuilagi, Croft, Parling, Corbisiero et Foden) ainsi que de 2 des révélations de la tournée d’été (Yarde et Wade). Comme si cela ne suffisait pas, Flood, sa doublure de luxe à l’ouverture, a choisi l’exil en France et le contraint donc à l’évincer du squad. Pas vraiment un problème pour Lancaster, qui y voit plutôt une opportunité de lancer dans le grand bain quelques pépites de la formation anglaise, et par la même occasion d’élargir son groupe en vue du mondial 2015.

Petit tour d’horizon des bleus du XV de la rose. 

George Ford 1/2 d’ouverture de Bath. 

Ford l'ambitieux

Ford l’ambitieux

Ford est un véritable phénomène de précocité. A 16 ans et 237 jours il devient le plus jeune joueur anglais à faire ses débuts dans le championnat professionnel sous les couleurs des Leicester Tigers. Même précocité en sélection nationale où il est sélectionné en U18 à seulement 15 ans, et en U20 à seulement 17 ans ! Sa gestion du jeu à la main et au pied ainsi que sa précision aux barres en font rapidement un cadre et un capitaine incontesté dans toutes les sélections jeunes au point d’être nommé meilleur joueur junior IRB de l’année 2011 en devançant les Blacks Sam Cane et Luke Whitelock, excusez du peu ! Cela vous classe un bonhomme. En club, malgré quelques apparitions prometteuses, il se heurte à la concurrence du titulaire du XV de la rose, Toby Flood. Il décide alors de signer à Bath où son père Mike Ford entraîne. Dans le sud ouest de l’Angleterre il va prendre les clés du camion et s’imposer comme le patron de cette équipe mythique où il en est déjà à 142 points inscrits, ce qui fait de lui le meilleur réalisateur du championnat. A seulement 20 ans, Ford possède une vision du jeu impeccable, un jeu au pied des plus fiables et un goût pour l’attaque indéniable. Cela prouve encore une fois la capacité des anglais à couver leurs surdoués pour les faire éclore en temps et en heure, comme ils le firent pour Wilkinson ou bien Farrell. D’ailleurs si ce dernier est le titulaire incontestable à l’ouverture, il ne va pas falloir qu’il se repose sur ses lauriers car le jeune George a les dents qui rayent le plancher et de vrais arguments à faire valoir. La concurrence avec des joueurs plus âgés ne lui a jamais fait peur, et le garçon ne se complait guère dans des rôles de doublure…

Luther Burrell 3/4 centre de Northampton.

Luther Burrell

Luther Burrell

Si nous avons toujours envié la capacité des anglais à pondre des demis d’ouverture de talent, ces derniers nous ont toujours envié notre vivier au poste de 3/4 centre. L’exploit de Wesley Fofana l’an passé à Twickenham n’a fait que raviver ce cruel manque. Avec les naturalisations de Barritt et Tuilagi, Lancaster a doté son milieu de terrain de 2 centres de fort tonnage destinés à la prise du milieu de terrain, toutefois l’ombre de Mike Catt et Will Greenwood plane toujours dans les travées de Twickenham. Le centre créateur/passeur est une denrée rare au niveau international et seules quelques équipes peuvent se targuer d’en posséder un spécimen. Lancaster doit donc piaffer d’impatience de tester Luther Burrell, 3/4 centre aux dimensions atypiques (1m91, 104kgs) mais avec une vraie capacité à faire vivre le ballon après contact. Véritable révélation de la saison du côte des Saints de Northampton où Mallinder l’associe parfois avec George North (attention les dégâts !), celui ci exprime tout son potentiel en Premiership. Aura-t-il le coffre pour réitérer ses performances au niveau international ? A vérifier durant ce tournoi si Lancaster lui donne sa chance. Doté d’un gros raffut et d’une sacrée défense, il pourrait vite devenir le pendant idéal de Manu Tuilagi au centre de l’attaque anglaise.

Kyle Eastmond 3/4 centre de Bath

Eastmond sur les traces de Robinson

Eastmond sur les traces de Robinson

Attention phénomène ! Ancien joueur à XIII du côté de l’institution St Helens, il s’agit peut être là du nouveau Jason Robinson. Même gabarit (1m70, 80kgs), même passé de treiziste, même style déroutant… Bref la comparaison est incontournable pour quiconque a vu évoluer les 2 joueurs. Après 3 années accomplies du côté de St Helen’s il signe un contrat de 3 ans avec Bath en 2011, et sur un conseil du légendaire Sir Ian McGeechan, il se positionne rapidement en numéro 12. Si sa 1ère saison sera celle de l’adaptation, sa seconde fut réellement aboutie avec 22 titularisations et 5 essais, ce qui lui valut de glaner sa 1ère cape lors de la tournée en Argentine. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour s’illustrer.

Son style félin tout en appuis et en accélération offre une autre alternative à Lancaster qui a l’occasion d’ajouter un panel offensif supplémentaire sur ses schémas de jeu. Eastmond a de grandes qualités, et certains anciens comme Lewis Moody n’hésitent pas à le comparer à Billy Whizz Robinson son glorieux ainé. A 24 ans il a toutes les armes pour se mettre le public anglais dans la poche, à condition de confirmer dans un contexte plus relevé qu’une tournée estivale.

Anthony Watson, 3/4 aile de Bath

Watson, the flying english

Watson, the flying english

S’il y avait Britain’s got talent version rugby, Anthony Watson aurait de grandes chances de l’emporter. Elémentaire, me direz-vous, tellement le garçon est spectaculaire et doué ! Là où George Ford épate par la sobriété de son jeu et son incroyable maturité, Watson impressionne par ses qualités physiques (1m91, 93kgs), son incroyable vitesse (11″4 sur 100m) mais surtout ses appuis déroutants qui font de lui un des finisseurs les plus prometteurs de sa générations. Passé par l’Academy des London Irish, le Seven et le centre de formation de Chelsea (!), c’est cette saison à Bath qu’il explose à côté de ses compères Eastmond et Ford. Plus à l’aise à l’arrière il a cependant une belle carte à jouer à l’aile en l’absence de Yarde, Wade ainsi que la méforme d’Ashton. De nombreux observateurs britanniques attendent avec impatience de le voir jouer dans la cour des grands (il est déjà passé par toutes les sélections de jeunes) et ce, dès le 1er match du Tournoi. Une possibilité que n’exclue pas Lancaster même s’il devrait logiquement se reposer sur les expérimentés Goode, Brown et Ashton. Watson pourrait toutefois trouver une place sur le banc et prouver toute sa valeur en cas d’entrée en jeu. Les français sont prévenus !

 

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